02 avril 2008
Mais ils sont tous à droite !
Et pas moi. Enfin, je crois... Parce qu'autant ces derniers temps j'étais un peu dans l'euphorie genre "les français se réveillent, wouhou", autant là je sais pas mais j'ai l'impression que tout se casse la figure comme... comme une étagère IKEA, et que tous les gens que je rencontre, côtoie, lis, ou ceux dont j'entends parler, sont des gros sarkozystes en puissance. Mais ils ont pas ouvert les yeux ou alors c'est moi qui comprends pas, qui me plante totalement, qui m'enferme dans un petit nuage d'illusions roselettes, qui ... ?
Vous me direz heureusement que les opinions divergent, sinon on s'ennuirait, mais j'ai l'impression d'être dans un espèce de cauchemar bizarre où dès que quelqu'un ouvre la bouche, il en sort une énormité bien de droite qui équivaut à "BONJOUR JE VOTE SARKOZY" et ça me met tellement mal à l'aise que je suis incapable de débattre ou de polémiquer parce que JE NE COMPRENDS PAS. Le pire, c'est pas le gros stéréotype du "connard de droite" (il y a aussi le connard de gauche) que tu sais que de toute façon vous n'avez rien en commun, non le pire c'est les gens par ailleurs charmants et que t'apprécie et qui te sortent ça comme un cheveu sur la soupe ; vraiment, c'est désagréable. (Bien sûr, on est pas obligé d'avoir que des amis de gauche si on a voté PS mais c'est toujours déroutant de s'apercevoir que des gens qu'on pensait, en bonne bête humaine, être comme nous... ne le sont pas. ^^)
Enfin, dites-moi qu'on est d'accord, notre Omniprésident est vraiment nul, non ? (oui un peu bref niveau argumentatif mais je cherche à convaincre personne, je cherche les gens comme moi [ouh la vilaine sectaire])
Signé GG (Grosse Gauchiste).
Le fond de la piscine, Miniature de Dan Olhmann, Lyon, Mars 2008
Article pétage de plombs, les quelques personnes qui me lisent comprendront, j'ai eu un partiel d'ancien français tout à l'heure et ce fut moultement usant. D'ailleurs les quelques personnes qui me lisent (genre Maman, ma soeur, Elsa, et Lucie) sont des GG aussi, elles seront de toute façon d'accord avec mon point de vue donc je m'en fous ^^
17 mars 2008
Lundi matin.
Tartine et café qui barbouillent l'estomac, voiture, gare, train. Déjà toute une histoire : Prendre son billet au guichet automatique, avec plein de gens impatients derrière, une carte bleue au fond du portefeuille lui-même au fond du sac, pluie battante, destination strasbourg carte 12-25 1 personne 2ème classe aller simple valider non pas de ticket. Déjà ça, ça fatigue pour la journée.
Ensuite après le petit crouinch crouinch du compostage, hop hop on court sur le quai B (à obermodern, il n' y a que deux quais. Le A et le B) et là c'est l'horreur parce que le lundi matin à 7h il y a TOUT votre ancien collège qui est là aussi. Eux aussi ils font leurs études à Strasbourg. Et en général à 7h, surtout un lundi, on a quand même bof envie de dire bonjour à qui que ce soit et surtout pas à Machinette qui était à côté de vous en maths en sixième A. Mais si "salut ça va lol" le 5 février 2001 dans votre agenda c'était elle. Bref.
En fait, Machinette, ça fait toujours un petit pincement au coeur de la voir de loin comme ça avec son sac verni et ses petites bottines à talons. On a un peu envie de l'engueuler et de lui dire qu'elle trop jeune pour s'habiller comme ça, parce que même si elle a vingt ans comme nous hé bien pour nous elle est toujours en sixième A.
Le train arrive tout le monde se bouscule mais pourquoi faut-il que tout le monde prenne ce foutu train de 7h etc, ouf deux places de libre (d'ailleurs c'est toujours les places qui sont face à deux autres places qui sont libres, preuve que les gens DETESTENT se voir, se parler, et surtout le lundi), bref moi je m'en fiche tout ce que je veux c'est être à côté de mon papa, comme d'habitude on va parler de politique (encore plus en ce lendemain d'élections) et on va voir de la haine dans les yeux des gens parce que les alsaciens DETESTENT parler de politique, surtout le lundi. Matin.
Là dans le train en face de moi il y a une petite rouquine qui dort avec son abonnement SNCF dans la main et déjà ça, ce bout de papier plastifié, ça raconte une histoire. Les matins embués se lever tous les jours à 5h le paysage toujours le même qui déééééfile la voiture le train le tram le bus et la sensation en arrivant enfin à destination d'avoir accompli la moitié du but de la journée. Mais peut-être que je m'emballe et qu'elle ça lui va très bien. Un peu trop tendance à toujours imaginer des histoires à la Germinal.
Tundundun mesdames et messieurs vous êtes bien arrivés en gare de, etc... Et là il faut dire aurevoir à Pôpô, descendre touuus les escaliers jusqu'à tout en bas où la foule enragée indique que vous êtes bien sur le quai du tram. Tutut avec la badgéo et on se bat comme on peut pour rentrer (nous c'est à dire moi mon sac de cours ma housse de PC et mon sac d'habits) dans ce foutu Tram D-ARISTIDE BRIAND. Et là c'est le meilleur moment, parce que c'est le moment où je deviens strasbourgeoise, quand on sort du tunnel. C'est toujours là, et ça dure jusqu'au vendredi soir. A partir de là, le truc rigolo c'est encore d'imaginer des histoires sur les gens. Déjà les gens ils sont pas beaux dans la lumière du lundi matin. Ils ont l'air en carton. Mais par exemple, elle, elle doit avoir tout juste 18 ans, ses yeux sont encore enfantins même si elle a mis trois tonnes de khôl et dans son énorme valise violette, on devine les jeans bien repassés, les petits plats dans les tupperware avec les jours de la semaine marqués dessus, et puis bien planquée sous des couches et des couches, la petite peur hebdomadaire d'être toute seule.
Y'a elles aussi, qui sont pas mal. Elles sont trois et il y en a une qui a les cheveux noirs en pétard avec en dessous, des petites queuqueues de rat couleur "Radioactive" rose. Evidemment les deux autres ont des franges. Ecole de coiffure.
Mon arrêt. Traverser la route "en dehors des clous" (quels clous d'ailleurs) parce que c'est plus rapide, clés mais où elles sont ces putains de clés, ascenseur, reclés, blam les sacs jetés par terre, maison, maison. La semaine peut commencer.
Photo : Marseille, station Sainte Marguerite-Dromel, décembre 2008.
15 novembre 2007
Démocratie?
Je vous avoue que là je suis un peu perdue.
On va vers la fin, sinon l'affaiblissement du service public. Je déteste le gouvernement et leur manière dure. Dati, Pécresse, Sarkozy, Hortefeux et tous les autres. La France va pas bien et en bons français, on râââââââle.
Alors y'a plusieures choses : Si déjà on râle, râlons tous ensemble. Ma-ni-fes-tons. Tous ensemble pas contents.
Ensuite, la SNCF. Le problème c'est que les grèves sont parfaitement impopulaires, et mine de rien, même en tant que "sale gauchiste de merde" je comprends les gens. Pourquoi ils font pas les trains gratuits (^^) plutôt que de pas les faire marcher ? Les gens seraient contents et ça emmerderait les bonnes personnes (bon, ok, un peu utopique).
Les universités. Bon là je suis à fond pour la mobilisation contre la loi Pécresse (je suis en lettres donc ça m'étonnerait que Peugeot ou l'Oréal financent mes études plus tard ^^) mais par contre, le blocage, c'est quand même hyper délicat. Si toutes les universités de France étaient bloquées, de manière légitime (c'est à dire avec une vraie majorité pro-blocage) là ça servirait à quelque chose. Mais à Rennes II par exemple, la fin du blocage a été votée par une grande majorité et pourtant ça continue. Est-ce que c'est légitime ça? Non, ça décrédibilise le mouvement étudiant, on a l'air de gros glandeurs, comme d'habitude. Et Pécresse de renchérir "Il faut faire la différence entre les syndicats étudiants qui tous les jours discutent avec moi dans le calme et les bloqueurs qui utilisent la manière forte mais que je ne vois jamais nianiania"... Ah oui ça aussi. Il faut que les gens arrêtent de faire l'amalgame entre "syndicats étudiants" et "étudiants". Je suis pas syndiquée, moi. J'ai pas envie de l'être. Et y'en a énormément dans mon cas, qui pourtant sont archi-contre cette loi.
Donc voilà, je sais pas quoi faire. J'ai l'impression que pour nous étudiants, la seule chose à faire pour le moment qui serait vraiment légitime c'est d'aller manifester, et avec le reste du service public. (Notamment le 20 novembre, 10h30 place Kléber pour Strasbourg je crois).
Mais ce qui est sûr c'est que M. Sarkozy veut les grèves. Pour montrer que lui, il ne cèdera pas comme Villepin pour le CPE (quelle mauvaise foi entre parenthèses). Et à l'heure qu'il est il doit se frotter les mains tant ces grèves sont impopulaires. Donc la bataille (si le mouvement n'est pas tué dans l'oeuf) va être longue et difficile, et dans tous les cas, je crois qu'on est dans l'excrément jusqu'au cou.
Et moi au milieu de tout ça... J'écris ces quelques lignes décousues pour tenter de faire le point, et je suis pas vraiment avancée au final ^^...
01 novembre 2007
Les femmes de Mucha
Alors, on situe vite fait : Alfons Mucha est né en 1860 en Moravie (actuelle République Tchèque), et est mort à Prague soixante-dix neuf ans plus tard.
C'est LE peintre du style Art Nouveau. Et il a travaillé sur des dizaines de supports différents, en République Tchèque, mais aussi en France et aux Etats-Unis : Des panneaux muraux. Des affiches de théâtres ; des timbres ; des bijoux. Des sculptures et des billets de banque. Des paquets de cigarettes et des pubs pour Lu et Moët et Chandon.
Et sur tous ces supports, son oeuvre est toujours un hommage à la Femme.
Elles sont toujours magnifiques, les femmes de Mucha. Elles ressemblent à la Naissance de Vénus de Boticelli : longs cheveux ondulés, corps voluptueux. Mais elles sont aussi Pin-up, ou Femmes fatales de film noir, aux contours précis de bande dessinée. En fait, elles ont toujours l'air de déesses, à la moue fière et hautaine. Couronnées de fleurs, parées de bijoux magnifiques, elles sont comme protégées par de grandes arabesques.
L'affiche pour Gismonda, en 1894, avec Sarah Bernhardt. Le début d'une longue collaboration et de la gloire pour Mucha...
Publicité pour la marque de cigarettes Job, en 1896.
Regardez cette demoiselle : yeux fermés et lèvres
entrouvertes, crinière blonde mêlée de pierres précieuses :
Une allégorie de la sensualité. (Oui, pour des clopes.
Et alors y'a bien marqué "Liberté toujours" sur les
paquets de gauloises... )
La femme allongée... Une lumière dorée, un chignon négligé, des draps en désordre qui suivent la courbe d'une hanche ronde... Grr... A votre avis, le soleil, il se couche ou il se lève?
Publicité pour la savonnerie de Bagnolet.
Pour le coup, ce n'est plus Vénus, c'est
le casque d'Athéna ! Oui, mais ciselé avec
amour, oui, mais serti de pierres précieuses...
Et ce petit air arrogant... C'est presque
trop pour une pub pour du savon.
Et pour finir, les bijoux de Mucha.
On dit rien on admire (d'façon tu peux pas test :p)
Raah cette finesse ! Ces petites feuilles,
ces petites perles, ces petits entrelacs ! (J'arrête,
on dirait une pub Spécial K...)
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la Fondation Mucha, et si vous allez à Prague, faites y un petit tour pour moi :)
30 octobre 2007
Son saxo jaune connait toutes les rues par coeur.
J'adore regarder les photos de quand j'étais petite, ou, plus généralement, de quand les gens étaient petits. Les bébés toujours mignons, les vêtements "DDR style", et puis plus tard, les coupes de cheveux improbables, les énormes machines de torture (certains nomment ça "appareils dentaires", je réfute cette appellation), les photos de classe ("Tu te souviens celle-là? Quelle allumeuse..."), les vieux copains.
Et puis il y a ceux qui ne sont pas nos copains mais qu'on a l'impression de connaître, alors c'est toujours émouvant et parfois un peu triste de les voir tous jeunes et innocents :
Vous avez ceci :
Bon évidemment la grande classe, très 2007, tout ça. Mais c'est attendrissant de se rappeler le joli papillon à l'époque de Joe le Taxi, il y a tout pile 20 ans. (Ah, tiens, ben j'étais pas née. Pourtant je me rappelle avoir écouté cette chanson moultes fois sur l'autoradio de mon papa).
Et ça donne ça :
Vanessa Paradis Joe le taxi
envoyé par eddieaer
Ouh ! La petite chenille ! Je me demande si vraiment la mode était au sweat-shirt orange pipi - pantalon de pyjama. Par contre, si on fait une étude comparative avec le clip de Divine Idylle, on peut remarquer que :
a) Finalement sa voix est quand même vachement moins aigue maintenant.
b) Par contre elle danse toujours pareil.
Et dire qu'elle avait 14 ans ! L'âge de ma petite soeur aujourd'hui ! Pff, ça nous rajeunit pas tout ça.
Bon, nous disions... 1987. Encore un petit bond dans le temps pour...
Sylvie Vartan !
Bon, moi Sylvie je suis pas fan hein. Mais alors pas du tout. Par contre quand j'ai vu ça...
Sylvie Vartan - Panne d'essence
envoyé par gotti57
J'ai craqué ! La petite moue, la petite coupe à la garçonne, la voix suraïgue et je vous l'accorde, absolument insupportable... C'est a-do-ra-bleu. La petite Sylvie n'avait à l'époque (nous sommes en 1961) que seize ans, ce qui explique qu'à l'époque on pouvait lui faire chanter n'importe quoi... Quoiqu'elle n'a pas particulièrement évolué niveau répertoire en prenant de l'âge, mais enfin, passons.
Passon à mon chouchou : Renaud. Oui ben c'est là que le bas blesse. Il a vieilli le Renaud, même si je l'aime toujours autant (quand je vous disais qu'on avait tendance à les prendre pour nos potes)... Tout le monde sait à quoi il ressemble maintenant, même s'il s'est un peu remplumé,
Mais rappelez-vous, en 1975...
Renaud 1er TV camarade bourgeois
envoyé par alber57
J'adore le petit air intimidé et en même temps tout fier d'être là... La voix nasillarde et mal assurée... Le magnifique pantalon-short blanc-pattes d'éph... Et puis les paroles trèès recherchées... N'empêche. C'est mon préféré.
29 octobre 2007
Wonderful Conversations
A la fac, il y a un endroit qui sert véritablement de forum de discussion. Un endroit où, en tout anonymat, on peut laisser s'exprimer son lyrisme ou sa colère. Sondages politiques, poèmes, philosophie et insultes s'y cotoient...
Non, mesdames et messieurs, ne vous méprenez pas : je ne vous parle pas d'un blog, d'un chat ou autres interneteries, ni même d'une cafétéria ou d'une boite à idées.
Non, je parle bien des toilettes.
Heureu(se) qui va soulager sa vessie entre deux cours, car elle ne s'ennuira pas. Je me suis toujours demandé pourquoi il y avait tellement de queue devant les toilettes des filles, maintenant j'ai compris : on y reste longtemps, tant on est absorbé par le décryptage des murs couverts de griffonnages au marquer et au tipex.
Si dans 300 ans, un ethnologue s'intéresse à notre civilisation, il faut absolument qu'il tombe sur des toilettes d'université, il en apprendra bien plus que dans n'importe quel autre endroit.
C'est qu'il y a vraiment des petites perles :
La fibre poétique (et un peu engagée, je vous rappelle que je parle d'une université de sciences humaines, hein) :
"Les soupirs de la Sainte
Et les cris de la Fée
Ne sont plus entendus
Au banquet des banquiers..."
Les conseils entre filles
"Vous avez aussi super mal au bide pendant vos ragnagnas ?
- Un conseil : Bois beaucoup d'eau."
Les débats politiques :
"Atatürk était PD
- Pédette toi-même sale homophobe
- Vive les Turcs !
- J'suis pas homophobe j'aime pas les dictateurs
- Alors t'es raciste contre les Turcs !"
Les sondages :
"Pour qui allez-vous voter ?" suivi de la liste des candidats avec évidemment toujours les petits commentaires de côté ("facho", "tu veux retourner sous Staline?", "Arracheur de maïs", "Pouffiasse"... - Jeu : relie les qualificatifs à leurs candidats...)
Ou, plus léger : "Qui trouve que la linguistique c'est chiant ?"
"Moi"
"Moi"
"Moi aussi"
"Et moi donc !"
Les innombrables :
"Stéphane je t'aime"
"Christophe je te kiff grave"
"Mélanie ma chérie, je te love pour la vie", etc... etc...
Les rebelles :
"Fuck l'élite j'en ferais jamais partie"
"L'optimisme est l'opium des cons"
Les philo-spirituo-métaphysiques
"Si Dieu existe, faut qu'il ait une bonne excuse"
"- Il n'a pas d'excuses il a des explications, tant pis si tu ne peux les entendre..."
Les pas très gentils :
"Vanessa, le caca" (je censure hein :)
Et, le meilleur pour la fin, les pratiques :
"Si vous voulez pas vous asseoir sur la cuvette c'est votre problème mais SVP, arretez de foutre de la pisse partout !!! ET LA PROPRETE ???"
J'adore.
12 octobre 2007
Rocky Balboa
Moi Madame, je tiens mes bonnes résolutions, hé ouais. Hier c'était piscine et aujourd'hui tadzammm ! Premier cours de boxe anglaise. Bon c'était plutôt mal barré, Adèle et moi ayant loupé les deux premiers cours, mais cette fois-ci, on s'est fait violence : LE SPORT C'EST LA SANTEEEE (hahahahahhahahahahaha)
Donc, 19h00 le cours commençait 18h48 on savait toujours pas OU était ce foutu gymnase. En plus, on est passées devant une boulangerie. Alors là ça a fait tilt dans ma tête : J'AVAIS PAS PRIS MON GOUTER !
Un pain au chocolat et une demande de chemin plus tard (le type nous a répondu : "Ben, arrêtez le sport" merci pour les encouragements ) on trouve enfin ce p** de gymnase. Première impression : Erk, ça sent l'effort physique ici.
Gros fou-rire dans les vestiaires, ça faisait moultes années qu'on avait mis ni jogging ni basket.
Hop ! Sur le ring ! (enfin dans la mini-salle de combat à cinquante)
Le prof est bizarre, il s'admire en donnant des coups de poing dans le vide en direction du miroir mais enfin passons. C'est un prof de sport et dieu sait que ces gens-là sont particuliers.
Hein ? Quoi ? Courir autour de la salle ? Comment ça courir ? C'est émouvant, c'est un geste que j'avais totalement oublié. Bon, maintenant, courir... en donnant des coups de poing dans le vide. Décidément, c'est une obsession. Je me suis jamais sentie aussi ridicule de toute ma vie mais bon allez, je le fais.
(C'est quand qu'on cogne ?)
Je passe sur le reste de l'échauffement, talons-fesses et compagnie, viennent les exercices.
"Vous vous mettez à deux, l'un pare, l'autre frappe, gauche-droite gauche-droite !"
Vas-y Adèle, tape, pense que c'est A. ... Aïe. Non en fait ne pense pas.
Trois siècles de crochets, directs du gauche, sueur et crachage de poumons plus tard, c'est le tour des combats.
Cool ! C'est maintenant qu'on cogne !
Ca tourne vite en chamailleries de filles ponctuées de petits cris rageurs, pour un peu on se tirerait les cheveux...
De temps en temps on s'arrête pour observer d'un air méfiant et le plus distant possible (géographiquement parlant) les vrais boxeurs en protège-dents qui se tapent vraiment dessus...
Il reste dix minutes, le prof demande qu'on s'allonge sur des tapis. Adèle et moi on se regarde d'un air ravi, on pense réconfort après l'effort, relaxation, vent qui souffle dans les cheveux etc etc.
Ben non.
Ben non, parce qu'après l'effort, l'effort.
Séries de pompes, d'abdos, de pompes et puis tiens ! Encore d'abdos...
A l'heure où je vous parle, je suis très fière de moi, j'ai pas trop de courbatures héhé...
Héhé...
Ah.
Il paraît qu'en fait, ça vient le surlendemain.
M'en fous, dans 6 mois vous m'appelerez Mikette Tyson, l'arracheuse d'oreilles.
08 octobre 2007
I open at the Close
Je sais, je sais, il est un eu tard pour parler de cette petite merveille (quoique si je n'm'abuse, la version française sort in a few days...)
Les afficionados auront reconnu notre ami Harry... Ah, Harry. On a grandi ensemble lui et moi depuis qu'à l'âge de 10 ans on m'a offert un bouquin qui ne m'inspirait pas, mais alors pas du tout... Résultat des courses, j'ai attendu chaque tome avec fébrilité et c'était un peu comme si, moi aussi, je rentrais chaque année à Poudlard. Pour vous dire, l'été avant la sixième, j'étais absolument persuadé que je recevrais moi aussi la fameuse petite lettre. Bon, j'ai perdu un peu de cette douce cingléitude mais à chaque nouveau volet c'est pareil : je m'envole loin des moldus :)
Si j'écris cet article, c'est parce que l'autre jour, en plein cours sur Dostïevski ("vous mé lirrez les houi cent soixante dix pach pourrr dans dieux sémaines" -ma prof est russe), je me suis prise à "fredonner" cette petite phrase -I open at the Close- (les courageux qui ont lu la version grand-brittone comprendront, les autres pchut! Je ne vous dévoilerai pas le why du how). Pourquoi celle-là ? Je sais pas, mais elle m'émeut. Ce dernier tome m'a ému. J'ai tremblé, j'ai ri et j'ai -presque- pleuré, alors c'est peut-être niais mais même maintenant des mois plus tard en plein cours de littérature russe je continue à me blottir dans cette histoire bizarre et merveilleuse.
Madame Rowling laissez moi adresser mes sincères félicitations à votre cerveau qui a imaginé tout ça, malgré toutes les critiques qu'on peut faire (trop pour les enfants, pas assez pour les enfants, trop commercial, trop facile...) Je ne suis peut-être pas une bonne critique vu que je suis totale béate (et puis ces livres ont fait à ce point partie de mon enfance que je pourrais difficilement les renier) mais je suis sûre d'une chose : je vais garder mes vieux Harry Potter cornés pour pouvoir les faire lire à mes enfants quand j'en aurais. C'est très bâteau ce que je vais dire et ça vole pas haut du tout mais que voulez-vous, c'est vrai, Madame Rowling, vous m'avez ensorcelée :)
18 septembre 2007
Stop that train, I wanna get off...
Mercredi 12 septembre. J'arrive en gare de Lyon Part-Dieu et, en âme prévoyante et organisée, je décide de me préoccuper im-mé-dia-te-ment de mon billet de retour. Je veux rentrer vendredi, il faut que je me dépêche pour avoir une place. Le gentil automate m'annonce triomphalement qu'avec ma carte 12-25, la 1ère classe me coûte moins cher que la 2ème !
Va pour la première classe. Je m'en vais, satisfaite.
Le lendemain, un jeudi si vous suivez, je me balade avec Joana dans Lyon quand je suis frappée par une date sur un panneau publicitaire. Flash : J'ai pris mon billet pour le samedi, et pas pour le vendredi...
Je vais changer mon billet (et ma supaire première classe), évidemment c'est trop tard pour une réservation.
Le jour J, je me pointe sur le quai, on dirait qu'il y a un match de rugby à Strasbourg tellement y'a de monde... Un contrôleur regarde mon billet et aboie "Pas de réservation, pour vous c'est debout mademoiselle !".
Je passe la première demi-heure coincée entre deux wagons, vaguement assise par terre, mes grandes pattes empêchent la populace de circuler (en même temps, qu'est-ce qu'ils ont à circuler ? Moi si j'avais une place assise, j'éviterais de la lâcher...)
Soudain, j'aperçois une place de libre ! C'est trop beau pour être vrai, me murmure mon popotin soulagé. "Tais-toi et profite", je rétorque. Aaaah... Je vais enfin pouvoir lire plus de deux lignes de mon cher petit roman à la suite sans entendre "Pardon.. Pardon, je veux passer..."
Sauf que... A peine deux minutes plus tard, un type se pose à côté de moi. Il a passé trois heures à écouter du rap à fond, il puait, et quand il ne faisait ni l'un ni l'autre, ce qui était rare, il tapait sur son téléphone, furieux de ne pas avoir de réseau.
Enfin après 4h30 de ce traitement, j'arrive en gare de Strasbourg... Soulagée. Je prends bien sagement mon petit ticket TER (en pensant très fort Maison, douceuh maison) je le composte ("retournez le billet", évidemment) je le retourne, je le recomposte et là, CHRRLACK.
Mon billet s'est déchiré dans la machine.
Je hais les trains.
Crédit photo : Cameron Davidson
17 août 2007
Mes 10 bonnes résolutions pour la rentrée
Vous savez, ces décisions qu'on prend aux alentours du 15 août : "Ouais nan là c'est sûr, l'année prochaine je m'y mets ! " et en général, ben le 15 septembre, pfuiiit, envolées !
Mais bon, chaque année, elles reviennent, et c'est tellement agréable de rêver à la vie parfaite et saine qu'on aura au moins pendant quinze jours.
Trêve de plaisanteries ! Voici, en exclusivité, mes dix utopies de rentrée !
- Je vais me mettre à la cuisine.Tenez, par exemple, ce soir, j'expérimente le canard aux framboises ^^. Et pour pallier au manque d'inspiration, j'ai décidé de consigner chaque recette qui me plaît dans un petit carnet. Ca tombe bien, ma petite soeur vient de m'en offrir un ravissant de chez La Marelle en Papier :) Après, l'histoire ne dit pas si il m'empêchera de foutre le feu à mon appart...
- Je vais me mettre au sport. Ah ah ah, la fameuse révolution que TOUTES les filles sans exception (à part peut-être Laure Manaudou) prennent chaque année en septembre ET le jour de l'an. Mais attendez, c'est du sérieux : à la fac, on paye une licence de 15 euros par an et on peut faire cinq sports différents à choisir parmi une multitude d'activités, de la canne de combat à la danse contemporaine en passant par le parachute. Bon, j'irai pas jusqu'à cinq : je me contenterais de la salsa et de l'aïkido, avec ma copine Adèle. Et peut-être quelques longueurs à la très jolie piscine de la Victoire de Strasbourg.
- Je vais lire les journaux. Je me suis rendue compte que je suis complètement coupée du monde niveau actualité... ca la fout mal pour une prétendue future journaliste. Alors l'année prochaine, à moi Courrier International, Libé, Le Monde et ça TOUS LES JOURS JUSQU'A LA DERNIERE LETTRE ! Pardon, je m'emballe...
- Je vais arrêter de fumer. Ahaha, un autre grand classique, celui-là. Enfin bon, de toute façon, à 5.30 euros le paquet j'ai plutôt intérêt. Bien que je sois à trois arrêts de bus de l'Allemagne et de ses paquets à 3.50 euros, ce qui constitue une tentation en soi... Bon, alors reformulons : je vais réduire ma consommation de cigarettes. Seulement 3 paquets par jour. Héhé...
- Je veux également rencontrer de nouvelles personnes. 13000 étudiants dans mon université dont 15% d'étrangers, y'a de quoi faire, non ?
- Strasbourg, une des villes de France les mieux équipées en pistes cyclables... Cinq minutes en petite reine de chez moi à la fac... Le plaisir de filer cheveux au vent et de dépasser les bus blindés... Avec tout ça, il serait peut-être temps que je commence à me déplacer "à bicyclèèèèèteuuuuh"!
- Je pourrais aussi profiter un peu plus de la carte Culture : aller au cinéma plus souvent, profiter des réductions pour enfin aller à l'opéra - depuis le temps qu'on veut se faire ça entre copines ! - et aller voir un peu plus de concerts...
- Je veux plus voyager. J'aimerais retourner au Danemark pour le jour de l'an, j'envisage de passer quelques jours à Marseille avant la rentrée, j'aimerais bien aller en Ecosse et en Irlande, et puis aussi voir Venise...
- ... Donc, neuvième bonne résolution : travailler ! Je vais me mettre activement à la recherche de petits boulots : des cours de français, des baby-sittings... Et puis des piges aussi, ça serait bien de m'y mettre ! En ensuite, à moi les road-trips et les escapades romantiques !
- Je vais peut-être profiter encore un peu de mes vacances avant de me prendre la tête avec ces résolutions stupides. Après tout, je ne reprends les cours que le 24 septembre... Vive la fac, profites-en ma grande !
Photo : Carnet de Nicoletta Ceccoli, l'une des artistes que l'on trouve chez La Marelle en Papier.









