13 novembre 2008
De l'usage de la traînardise éléphantesque
Ouioui.
Un état que je ne saurais nommer autrement.
Vous connaissez ça, sans doute. Le matin, vous vous dites "Yipee, je suis vraiment super motivée à faire ma disserte sur Edmond de Goncourt et mon exposé sur le premier chapitre de Nana" (gloups, ça sent le vécu) "je vais prendre ma douche et mon petit déjeuner, et ensuite, je profiterais de ce merveilleux jour férié pour travailler gaiement !"
Douche OK (enfin bain avec magasines)
Petit-Déjeuner très très OK même.
Après... Oh tiens si je fumais une cigarette/trainais sur internet/jouais au solitaire/et au démineur/appelais une copine/mangeais/ah merde il est déjà deux heures de l'après-midi.
A partir de là, la méthode Coué ne fonctionne plus, et il ne reste plus en vous que ce que j'appelerais "l'amorphe mouvante". Le principe est très simple : Cela consiste à se traîner d'une pièce à l'autre en mâchant du chocolat de préférence, à se sentir lourde et tellement inutile que le seul qualificatif qui me vient à l'esprit est "plof" (ce qui ne veut rien dire, c'est bien ce que je me tue à vous expliquer : vous ne servez à rien). Voilà, vous êtes passés de la phase à "je ne travaille pas mais j'ai des excuses, je fais des trucs vitaux et rigolos à la place" à "je ne travaille pas, je ne fais rien, je vous emmerde".
En général cet état se débloque juste avant le brossage de dents (quand il est l'heure de dormir)
Bon bref, si je vous raconte tout ça, c'est parce que je me demandais : Vous en avez vous des méthodes pour sortir de la Traînardise Eléphantesque ? Non parce que ça devient pesant ^^
Sur ce, je vous laisse : J'ai (devinez quoi) : une disserte sur Goncourt et un exposé sur Nana à rendre mardi...
Photo (HS) : Marseille, quartier du Panier, décembre 2007
11 novembre 2008
MAUS
MAUS, oui, d’accord, rien de très nouveau. Une BD traduite
en 18 langues, pour laquelle Art Spiegelman, son auteur, a reçu le prix
Pulitzer en 1992 (merci Wikipedia), ça ne passe quand même pas siii inaperçu
que ça. Bon oui OK mais vous l’aviez lu vous ? Parce que moi non.
Et voilà une entrée en matière aux petits oignons pour justifier le thème de
mon petit papier d’aujourd’hui. (Je ne sais pas pourquoi je me justifie d’ailleurs,
j’ai genre zéro lecteurs, donc…)
Bien, alors autant vous dire que déjà, avec une couverture pareille, on ne passe pas inaperçu dans le TER ligne Strasbourg-Sarreguemines (ah ces voyages en train…), c’est certain. Mais au diable Mme Truckmuschmitt en face de moi dans le train qui regardait d'un air dubitatif la tête-de-chat-croix-grammée ; MAUS m’a glacé et mangé toute crue.
C’est l’histoire d’Artie.
Il est né en 1948, juste après la guerre, de parents juifs, qui ont survécu à
la Shoah. Alors qu’il a tout juste 20 ans, sa maman se suicide. Quelques années
plus tard, il décide de dessiner l’histoire de la vie de ses parents, au rythme
d’entretiens, parfois un peu chaotiques, avec son père, qu’il enregistre tant
bien que mal.
Art Spiegelman dessine des animaux. Des juifs-souris, des
allemands-chats. Des polonais-cochons et des américains-chiens. Et il raconte l’histoire
de son père, une histoire singulière qui fait partie du destin de tant d’autres
personnes. Cette histoire, si dure, si inouïe, a fait dire à certains, après
1945, l’impossibilité de parler, comme Theodor Adorno, qui écrivit « C’est
une barbarie d’écrire le moindre poème après Auschwitz ».
Mais Spiegelman fait partie de la génération d’après, l’héritière douloureuse,
celle qui ne peut pas savoir et cherche à comprendre. Ses animaux lui
permettent de faire quelque chose d’impossible : raconter la Shoah en BD. Rapporter le témoignage de quelqu'un qui a vécu Auschwitz. En noir et blanc, en dessin. Le résultat n’en est pas moins remuant ou moins dur – c’est peut-être même le
contraire…
On est émus et en colère, on souffre, on rit même,
parfois (le personnage du père devenu vieux, irascible et radin, avec son drôle
d’accent, est à la fois très drôle, agaçant et très touchant) – et quand on
arrive à la fin du deuxième tome, après être passés par toute une guerre, et toute une palette d’émotions,
on a un choc – une photo.
Pas une de ces photos pleine de barbelés et de corps décharnés, non. Simplement
Vladek Spiegelman, le père d’Artie, à la fin de la guerre, « déguisé »
en prisonnier pour la photo, très beau. Une vraie photo. Et c’est cette photo
toute simple – presque une photo d’identité, qui nous fait prendre conscience que ces souris et
ces chats ont vraiment existé. Existent toujours, sous d’autres aspects.
Du coup, finalement, ça valait le coup de subir des regards
outrés dans le TER Strasbourg-Sarreguemines.
Maus. Un survivant raconte Tome I et II, Art Spiegelman, 1992, chez Flammarion
08 novembre 2008
Mamma mia ! Here I go again...
Je reprends du service.
Pour peu que je trouve des choses à raconter et des yeux pour me lire, me revoilà, machiavélique pourfendeuse de la société de consommation envers et contre tout pour le meilleur et pour le pire last but not least on the road, again, que du bonheur. Tremblez bourgeois !*
*Je rigole, hein. Je suis juste là, de nouveau.
Skanderborg, Danemark, avril 2008 - Photo Maxime




